RESUME

Les arthropathies destructrices des membres augmentent en fréquence chez les insuffisants rénaux chroniques lorsque s'allonge la durée de dialyse. En dehors de l'ostéodystrophie rénale, elle fait intervenir une amylose, la Bêta 2 microglobuline. KUNTZ (42) a décrit le premier des spondylarthropathies destructrices, surtout cervicales, se caractérisant par un pincement discal, des érosions et géodes des plateaux vertébraux, sans ostéophytose.

Cinq patients d'âge moyen 59 ans, dialysés depuis 11 ans en moyenne, présentaient une symptomatologie d'origine neurologique douloureuse et déficitaire. L'atteinte était cervicale 4 fois, lombaire une fois, l'instabilité et les glissements vertébraux étaient toujours présents. L'instabilité vertébrale représentait le facteur primordial responsable de la symptomatologie neurologique douloureuse et déficitaire, elle déterminait le stade fonctionnel (3 patients grabataires et 2 peu autonomes), les autres facteurs, glissements vertébraux et masses globuliniques étant relégués au second plan. La chirurgie a consisté en une stabilisation vertébrale en place par greffe intersomatique cortico-spongieuse ou comblement par du méthylmétacrylate, suivie d'une ostéosynthèse par plaque vissée.

Les résultats cliniques, radiologiques, fonctionnels sont rapportés dans l'immédiat, puis à 3, 6 et 12 mois. La stabilisation a toujours été obtenue, malgré deux démontages (déplacement d'un bloc de ciment et d'une greffe encastrés), repris avec succès par greffe toujours fusionnée dans des délais normaux. Les résultats cliniques sont bons: les symptômes d'origine neurologique ont presque complètement rétrocédé, et les rachialgies persistent de façon peu intenses. L'indication à la stabilisation apparaît donc justifiée dès lors qu'existe une instabilité associée à des troubles neurologiques.